mercredi 6 avril 2011

Exposition à la Brasserie la Hache (jusqu'au 5 juin 2011)




"Les allongées" d'après Jean-Luc Nancy

LES ALLONGEES

Giorgione en 1507 inaugure la longue série des grands nus féminins. Après Cranach en 1518, Titien le suit en 1538, Jean Cousin en 1545 et Sustris, le « Titien flamand », un peu plus tard. La série ne s’interrompra jamais en passant par Boucher puis Goya pour arriver à Manet, à Renoir, à Braque, Modigliani, Tom Wesselmann – pour ne retenir que quelques noms.
Le motif d’une femme nue allongée n’apparaît guère dans l’Antiquité. Les Aphrodite ou Venus nues sont presque toujours debout, accroupies ou assises. Une peinture de Pompei montre toutefois une Vénus allongée sur une conque marine. Pour des raisons évidentes, le nu allongé se fait très rare au Moyen-Age (où le nu est presque toujours debout et le plus souvent lié à Adam et Eve). On voit cependant une femme nue allongée parmi d’autres personnages dans les Très riches heures du duc de Berry.
La Vénus de Giorgione imprime une sorte de modèle : une femme nue, allongée, seule, occupant presque toute la toile et la main posée sur le sexe. Le caractère érotique du tableau est en même temps proposé et apaisé par le sommeil – ou bien l’érotisme est accentué par l’abandon et la demi-absence où flotte la figure.
L’homme nu couché apparaîtra plus tard, mais il n’a pas connu jusqu’ici une faveur comparable chez les peintres ; on peut penser à Picasso, à Lucian Freud. On pourrait faire ici de longs commentaires critiques sur la considération de la femme comme objet. Mais on devrait aussi les compliquer en se demandant si ce sont vraiment des objets que présentent ces tableaux, ou bien des sujets en gloire et qui mettent au défi l’éventuel voyeur. S’agit-il en effet de « voir » (de reluquer) ou bien de contempler et de respecter un secret ?

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La longue série des femmes allongées est remarquable car elle offre à partir de son modèle initial d’une part une sorte de constante, une note tenue de l’érotisme européen : quelque chose comme l’offrande d’un corps parfait, étalé, disponible, et en même temps la réserve de ce même corps qui se rapporte à lui-même (éventuellement dans l’auto-érotisme) ou bien qui se tient dans un retrait légèrement ironique (Maja) ou qui combine les deux (Olympia). Un corps admiré, désiré et peut-être inatteignable. Trop proche, trop lointain.
Quelle qu’en soit l’interprétation, la série – qui bien entendu n’a jamais été voulue comme série par aucun peintre, pas du moins de façon visible – présente une sorte de répétition qu’on peut tour à tour ressentir comme obsessionnelle ou bien au contraire comme le déploiement d’un grand motif majeur – avec ce trait bien particulier selon lequel le corps doit occuper tout le tableau, comme si la largeur de la toile ou du panneau devait obéir à l’extension du corps.
Cette répétition des femmes étendues se joue parfois chez le même peintre (Cranach avec plusieurs « nymphes », Titien avec Danae ou « Venus et le joueur d’orgue » : autant de sujets qui sont prétexte à variations du même motif) ou bien de l’un à l’autre : en particulier les deux « Une moderne Olympia » de Cézanne témoignent d’un intérêt particulier à reprendre la création célèbre de Manet pour la transporter dans l’époque contemporaine et ainsi, de quelque façon, faire reculer la première dans un passé – pourtant pas si lointain – tout en ajoutant au motif un homme qui regarde la femme, c’est-à-dire nous-même ou le peintre, le peintre comme nous tous se retournant vers cette figure si souvent reprise.
Nous-même, nous tous en tant que miroir d’un corps tout ensemble offert et retenu, voire retiré dans une absence – sommeil, indifférence, ironie – plus ancienne et plus profonde que toute nudité. Nous en tant que vision et miroir d’un allongement, d’un abandon qui serait à la fois promesse et défense d’un abandon sans fin – impossible, dangereux, délicieux.
On comprend donc que cette série appelle sa propre reprise, répétition, récitation et re-citation : la nudité ne peut jamais être achevée. La peinture non plus, ou du moins la représentation sous toutes ses espèces – qui est toujours approche de l’irreprésentable. Georges Pasquier rejoue toute la série, il la joue, il s’en joue, il nous en réjouit.
Jean-Luc Nancy

dimanche 30 janvier 2011

Strasbourg-Est / 東ストラスブール


Grâce à la complicité de Baudoin Koenig,(Alterdoc), intégralité du film Strasbourg-Est que j'ai réalisé avec Alain Willaume en 1988 pour France 3 Alsace est désormais visible à volonté sous le lien Strasbourg-Est par vimeo

ボドワン・クニッグ(Alterdoc)の助力により、私がフランス3のために1988年にアラン・ヴィヨームと作った「東ストラスブール」の完全版が、今後、ウェブ上でいつでも見られるようになりました。リンク

jeudi 30 décembre 2010

La série des Vénus / 鏡のヴィーナス・シリーズ


















La Vénus au miroir de Vélasquez est l’objet premier de l’inspiration de la série des Vénus de Georges Pasquier ; objet duquel suit celle du reste de l‘œuvre. Ainsi, développer le thème du tableau, ici exemplaire, y puiser ce que le génie du peintre offre aux suivants, qu’ils s’en inspirent et l’œuvre ne s’épuise jamais. Cette transmission, bien à l’insu du peintre génial, mais témoignant de ce don, donne son sens à l’histoire de l’art, mais encore à celle des hommes et leur sensibilité, leurs pouvoirs et leurs Idées ; Vélasquez pour Pasquier, Titien pour Vélasquez, Giorgione pour Titien… Jusqu’à l’origine des Idées et leurs manifestations.

ヴェラスケスの「鏡の中のヴィーナス」はジョルジュ・パスキエのヴィーナスシリーズの最初のインスピレーションである。そしてそれはその他の作品を続けるきっかけともなった。こんなわけで、作品のテーマを掘り下げながら、後代に絵描きが伝えた偉大さを汲み取り、そこから得られる着想、それは決して尽きることがない。この伝播は、偉大な絵描きにはこっそりと、だが、その遺産を物語り、美術史に自らの感性を付け加える。それは絵描きらの、その感受性の、その力量、そのアイデアの伝播でもある。パスキエにとってのヴェラスケス、ヴェラスケスにとってのティツィアーノ、ティツィアーノにとってのジョルジォーネ、、、このアイデアの、その表現の源泉まで。

mercredi 24 novembre 2010

La machine à remonter le temps / 時を遡る機械








Un tourne disque Teppaz, appelle au souvenir des premiers 45 tours, les premiers tubes, salut les copains, Sidney Bechet, Dalida, Georges Brassens, Brel, .... Son rôle est de susciter un Flashback, véritable machine à remonter le temps.

レコードプレイヤー「テパーズ」は、初めて聴いた45回転レコードを、初めて聴いたラジオ、サリュー・レ・コパンなどの番組を、シドニー・ベシェット、ダリダ、ジョルジュ・ブラッサンス、ジャック・ブレル、、などの思い出を呼び起こす。その役割はフラッシュバックを呼び起こすことであり、まさに時を遡る機械なのだ。

lundi 8 novembre 2010

baiser volé / 空飛ぶキッス







Sur les lèvres papillonnées, insouciantes, se dépose, furtif, un baiser volé.
S'attarde ensuite la sensation charnelle, qui s'ancre et éveille le bonheur absolu.
蝶のようにひらひら舞う唇の上で、のんきに、こっそりと隠れている、空飛ぶキッス。
でもそれはあとで絶対的幸福感を呼び起こす性的な感情にとらわれちゃうんだ!

jeudi 21 octobre 2010

nuit nipponne / 日本の夜







paysage idéal.
passage éphémère entre le jour et la nuit.

理想的風景。
昼と夜の間の儚い移行。

jeudi 7 octobre 2010

Mes seins du monde / 世界中のおっぱい






Une vision fractale. Des seins connectés à la zone du cerveau réservée à la récompense engendrent un comportement érotique qui devient un comportement de reproduction inhérent à la recherche du plaisir.

 フラクタル的世界。褒美のために保持されている脳の一部につながっている乳は、歓びの探索に根ざした生殖行為となるエロティックな行為を引き起こす。